Trouver le sens de sa vie

Trouver le sens de sa vie

Les crises existentielles nous confrontent souvent à la nécessité de nous interroger sur le but de notre existence, le sens à donner à notre vie. Elles permettent en fait de renaître et d’affirmer nos choix et notre identité.


La perte des illusions

Aujourd’hui plus que jamais, la quête du sens de sa vie est partagée par la plupart des gens parce qu’ils ne supportent plus de se contenter d’une existence semblable à celle de tous les autres. Je dirais même, il n’y arrivent plus.

Aller à l’école, trouver un emploi stable, s’endetter sur une vingtaine d’années pour être propriétaire d’un bien. Faire des enfants, et travailler sans relâche jusqu’à la retraite pour pouvoir enfin, peut-être, selon ses moyens financiers et sa santé, s’autoriser à vivre un peu et à réaliser des rêves que l’on a sans cesse remis à plus tard, trop absorbé par la nécessité de pourvoir aux besoins d’un quotidien oppressant, ou à ceux des autres.

Mais souvent, en cours de route et alors que l’on pensait que ça y est, on a une vie ! Ou parfois suite à un choc émotionnel, tout s’effondre. La nuit noire de l’âme s’installe, cette crise existentielle qui nous fait perdre le goût. Qui rend fade ce que l’on a pourtant mis tant de temps et d’énergie à construire. Elle est là, et elle nous oblige à répondre à cette question que beaucoup laissent sans réponse ou évitent simplement : qui suis-je ?

On réalise alors que l’on s’est battus pour construire des choses qui au final ne représentent plus rien à nos yeux, parce qu’elles ne nous comblent pas, elles ne nous rendent pas heureux.

On a passé des années à remettre notre vie à plus tard : tout ira bien lorsque j’aurai changé de travail / trouvé un nouveau partenaire de vie / eu des enfants / déménagé. Mais la vie, c’est maintenant. Demain est une notion abstraite qui n’existe pas, que l’on ne verra peut-être jamais. Demain est hypothétique.

Alors on se demande : quel est le sens de ma vie ? Quel est le sens de ma présence ici ? Pourquoi je souffre tant ?

Nos résistances deviennent nos chaînes

Sachez tout d’abord que la perte du sens de sa vie est une chose relativement commune.

Elle se produit lorsque nous résistons à ce que nous sommes profondément pour nous mouler, nous forcer à entrer dans des schémas qui viennent répondre non pas à l’appel de notre être profond, de notre âme, mais aux attentes des autres, qu’il s’agisse de notre famille, de nos amis ou tout simplement celles dans lesquelles la société souhaite nous faire rentrer.

C’est en s’efforçant de s’adapter à un moule tout-fait que l’on se perd en chemin. Vous devez créer votre moule, unique, parce que vous l’êtes tout autant.

Et dans cet acharnement, il arrive un temps où nous entrons en lutte : d’un côté, le quotidien et ce que nous y avons construit ; et de l’autre cet appel intérieur, la voix de notre âme qui nous crie « mais qu’est-ce que tu fais ? ».

Avant la crise ultime, des avertissements nous sont pourtant envoyés : une perte de désintérêt pour nos activités quotidiennes, une absence de visibilité sur notre avenir ; un vague-à-l’âme qui s’installe et parfois, plus aucune envie de s’investir dans quoi que ce soit. Et la plupart du temps, au lieu d’écouter, nous résistons.

Nous essayons de nous accrocher comme à une bouée de secours à notre vie, cette même vie qui nous a menés à cet état de crise.

Tant de fois j’ai entendu « j’ai peur » ; « si je fais ça je vais tout perdre » ; « je ne peux pas quitter mon partenaire, j’ai peur d’être seul », ou « je ne suis pas heureux dans mon travail MAIS ».

Ce « mais » qui vient sans cesse justifier le fait que nous nous enlisons dans des situations qui ne nous font plus évoluer, dans lesquelles on ne se reconnaît plus. Ce « mais » qui vient comme justifier le fait que nous ne prenons pas la responsabilité de notre propre existence et qu’au contraire, nous nous enfermons dans la résistance.

Et c’est cette résistance à ce que nous sommes, à nos réels besoins, qui nous fait perdre le sens de notre vie. Qui pose un voile sur ce que nous devons accomplir ici. Qui peut nous faire penser que la vie vient nous punir, alors même que ce qu’elle est n’est que le résultat de ce que nous en avons fait, de nos choix.

Se poser les bonnes questions

Avez-vous pris le temps de vous demander, avant de prendre cet emploi, s’il satisfaisait bien à vos envies profondes, à votre équilibre ?

Etes-vous entré dans cette relation amoureuse pour les bonnes raisons, ou pour combler quelque chose en vous ?

Vivez-vous dans ce pays par choix, ou parce que vous avez peur de partir ?

Ce sont quelques-unes des questions que peu de personnes se posent, car les réponses peuvent tout chambouler, et amener sur le plateau cette question tant redoutée : et maintenant, je fais quoi ?

Faire les choix en conscience c’est aussi accepter de renoncer à nos vieilles habitudes liées à l’ego pour se rapprocher vraiment de la voie tracée par notre âme. Or, combien de personnes sont par exemple prêtes à dire à quelqu’un qui leur plaît “je ne souhaite pas que l’on entame une relation ensemble parce que pour le moment je dois prendre soin de moi et apprendre à être heureux seul, pour pouvoir partager sainement un jour avec quelqu’un ?”. Au lieu de ça, la plupart foncent tête baissée vers ce qui est le plus confortable, le plus rassurant. Et ensuite elles se plaignent lorsqu’elles se cassent la figure quelques années plus tard, criant leurs frustrations à qui veut l’entendre.

Jusqu’où suis-je prêt à aller dans le déni de moi-même pour ne pas prendre la responsabilité de tout ce qui m’arrive ?

Et je dirais même, jusqu’à quel point suis-je prêt à souffrir pour éviter de faire face à mes blessures émotionnelles ? Car il faut savoir que ce que vous pensez parvenir à fuir aujourd’hui vous rattrapera tôt ou tard.

On parle par exemple de crise de la quarantaine. Cette crise n’existe pas lorsque l’on a fait un travail sur soi. Elle se déclare quand on prend conscience à un moment de ne pas être éternels (le passage à la quarantaine rappelle ceci dans de nombreux cas), et que l’on constate à quel point notre vie ne correspond pas à ce que l’on avait imaginé qu’elle serait.

A la rencontre de la joie

Au fond, qu’est-ce qu’il se cache derrière le sens de la vie ? Eh bien tout simplement la joie. Celle de faire des choses qui nous rendent vraiment heureux parce qu’on sait POURQUOI on les fait. De prendre le temps de vivre l’instant présent, sans être dans une course effrénée à quelque chose. De prendre ce droit d’avoir des besoins et des envies différents tout au long de notre vie et en fonction de notre évolution, et donc aussi de faire les choses à notre rythme, lorsque nous sommes prêts. De vivre, et non survivre ou s’accommoder de sa vie.

Nous sommes pour la plupart élevés dans cette croyance du devoir aux autres. Si nous apprenions dès tout petits que nous devons être la personne la plus importante de notre vie ; que nous devons faire en sorte de construire notre existence en fonction de ce que nous sommes et de nos besoins, et non courir après des fantasmes ou des idéaux qui émanent des autres ; si l’on savait se respecter tout simplement, tout serait différent.

Lorsque l’on trouve cette joie, notre joie, car nous n’avons pas tous la même définition du bonheur, tout rentre dans l’ordre parce que l’on se sent simplement en alignement : en alignement avec soi, avec ce qui nous entoure et donc aussi dans un lien authentique aux autres.