Mettre de la conscience dans sa vie quotidienne

Les instants de notre quotidien filent et défilent sans que nous n’ayons le temps d’y prêter attention. Avec eux, des peines se réitèrent, des manquements se répètent, des non-choix continuent d’avoir lieu. Pourquoi cette absence d’observation de notre quotidien, nous conduit-elle à reproduire sans cesse les mêmes comportements ? Comment le regard de notre conscience peut-il éclairer ces patterns que nous répétons sans vraiment le savoir, et ainsi changer notre manière de fonctionner ? 

Les expériences de vie qui nous poussent à la prise de conscience

 

La conscience est une lumière qui éclaire tout ce sur quoi elle porte. D’ailleurs ne parle-t-on pas de “prise de conscience” pour évoquer une soudaine évidence ? 

Bien souvent, la prise de conscience n’est pas voulue. Elle est saisissante. Dans certains cas, elle peut même être douloureuse. Le processus qui amène la conscience à éclairer intensément un aspect de notre vie, vient de notre profondeur, de notre âme. Ainsi, les conditions d’une expérience de vie sont créées, qui doivent nous conduire à amener de la lumière sur notre existence. 

La prise de conscience est alors la réalisation que nous fonctionnons en mode “par défaut”, et non en suivant notre guidance intérieure. Nous cherchons bien souvent à satisfaire notre égo, à contenter notre entourage, ou à répondre à des obligations que nous créons de toute pièce. 

Parmi les expériences de vie qui nous conduisent souvent à la prise de conscience, il y a notamment la maladie. Est-ce là le seul moyen d’illuminer le ciel de notre être ? 

Comprenons que la maladie est généralement le dernier chemin que la vie nous oblige à emprunter. Nos résistances nous ont gardé aveugles jusqu’alors, mais la réalisation de notre âme dans la matière passe par des étapes qu’elle a choisi de venir dépasser. 

Soit nous posons consciemment notre regard sur nous-mêmes, soit nous y serons amenés par la force des choses. Alors comment accompagner le courant naturel de la conscience et ainsi s’épargner la lutte et la résistance des expériences douloureuses ? 

 

Les indices que la vie nous envoie pour prendre conscience de nous-même

 

La vie est infiniment abondante et infiniment bienveillante. C’est pourquoi, à travers notre âme individuelle, son intelligence nous conduit toujours à vivre ce qui nous permet une plus grande clarté intérieure. Malheureusement nous sommes conditionnés, par notre éducation ou notre culture, à survoler les aspects de notre vie, à reproduire sans réfléchir les modes de fonctionnement que nous avons observés étant petits. 

 

Parfois même, une simple réflexion d’un de nos parent a pu déterminer nos certitudes. “Tu n’es pas bon à l’école”, “les femmes de notre famille n’ont pas de chance en amour”, “si tu veux gagner de l’argent, il faudra en payer le prix”… etc. 

 

Ce que nous croyons, nous le reproduisons à l’infini. Ainsi, si nous croyons que la relation amoureuse nous met en danger, nous fait souffrir, alors il y a de fortes chances pour que nous connaissions des relations complexes. Et quand l’une se finit, nous en rencontrons une autre, toute aussi complexe. Et ainsi de suite… Jusqu’à cet instant où nous prenons conscience que nous sommes les créateurs de ces relations. 

 

Mais avant d’en arriver à cette ultime prise de conscience, celle qui se fait au prix de lassitude et de souffrance, la vie nous aura assurément laissé quelques indices que nous n’avions pas vu. 

 

Un rendez-vous manqué, un train annulé, une cheville foulée, ou simplement l’exclamation d’un passant dans la rue, peut venir faire écho à des décisions qui ne servent pas notre épanouissement. 

 

Prenons quelques exemples:

 

Vous étiez justement en train de penser à votre situation quand vous croisez une femme au téléphone dans la rue. Vous n’entendez qu’une chose de sa discussion: “non ce n’est pas une bonne idée de continuer, il vaut mieux passer à autre chose”. Avez-vous prêté attention à cette réponse que la vie vous envoie concernant votre tracas ? 

 

Ou encore…

 

Vous vous levez tous les matins pour vous rendre sur votre lieu de travail et, obstiné par l’idée que cet emploi est bon pour vous, vous ne remarquez même pas que vos petits malaises ont toujours lieu du lundi au vendredi. Vous passez à côté de ces brûlures d’estomac qui démarrent le dimanche soir et s’estompent à l’arrivée du week-end. Vous ne voyez même pas que votre nuque vous tire et votre souffle se fait court, dès que votre patron vous interpelle. Vous continuez à ignorer le message que la vie vous envoie à travers votre corps physique et un jour, les malaises se transforment en maladie. 

 

Ces indices sont des invitations à prendre de la hauteur sur notre situation, à questionner nos automatismes, et à réaliser la réelle motivation qui guide notre comportement. Nous comprenons vite que ce n’est pas notre âme qui nous pousse à agir ainsi, contre nous-même. Mais il s’agit de notre masque, celui que l’on s’est créé pour survivre dans notre environnement. Soit nous nous efforçons, coûte que coûte, de porter ce déguisement, quand bien même nous en souffrons, soit nous faisons le choix de le retirer et de laisser parler notre âme. 

Comment inviter notre conscience dans notre quotidien ?

 

Permettre à notre conscience d’éclairer notre vie quotidienne revient à lui laisser plus de place. Outre la pratique régulière de quelques minutes de méditation, c’est avant tout une posture d’effacement à adopter. 

 

S’effacer, non pas aux yeux des autres, ni aux yeux du monde, mais bien vis-à-vis de notre âme. Pour se mettre en retrait, une pratique simple consiste à prendre le temps d’observer et noter les réactions systématiques que nous avons au quotidien. Comment réagissons-nous par défaut ? Derrière quelle émotion nous cachons-nous? Déni ? Colère ? Rejet ? 

 

Et si nous prenons quelques secondes pour respirer, pour nous connecter à notre coeur, quelle autre manière d’agir s’impose naturellement à nous ?

 

Nous avons tous un panel de réactions pré-déterminées. Mais contrairement à ce que nous laisse croire le fameux “je suis comme ça, je n’y peux rien”, nous avons à chaque instant le choix de changer d’attitude. 

 

D’un instant à l’autre, il est possible de rompre une bonne fois pour toutes avec la pensée fataliste, et observer avec conscience une habitude qui nous dessert. Nous pouvons même finir par en rire. 

 

Et alors, une fois en lumière, nous prenons la responsabilité de modifier ce comportement en questionnant notre âme. Si nous écoutions maintenant la version de nous-même la plus lumineuse, aurions-nous la même réaction ? Non, nous poserions une nouvelle action, une nouvelle manière d’agir et ainsi, nous obtiendrions un nouveau résultat.

 

C’est cela mettre de la conscience dans sa vie. C’est passer de la réaction automatique à l’action choisie. C’est passer de la lutte à la douceur de notre âme. C’est alors toute une dynamique qui se met en place, celle de prendre confiance en sa capacité de faire un choix, de prendre la responsabilité de ses actes. Mettre de la conscience dans son quotidien, c’est ouvrir la possibilité de se transformer et de façonner notre vie selon nos désirs profonds. 

 

Sahra L.