C’est quoi le bonheur ?

C’est quoi le bonheur ?

Entre besoin d’équilibre et quête de sens, être heureux est pour la plupart des gens un objectif de vie à atteindre. Pourtant, cette quête de satisfaction empêche de faire la différence entre trouver le bonheur, et le laisser se révéler au présent.


Selon la définition courante, le bonheur est un état de complète satisfaction. A mon sens il y a autant de bonheurs différents que de personnes, tout simplement parce que les éléments que nous attachons à cette satisfaction dépendent des besoins, valeurs et spécificités de tout-un-chacun.

D’après des études menées par différents psychologues, nous serions dotés de ce que l’on appelle un « seuil de bonheur », c’est-à-dire que notre degré de sentiment de bien-être serait en fait pré-établi par des critères héréditaires (le sentiment de bonheur de nos parents), et par notre construction émotionnelle.

Ce degré de bonheur, bien que fluctuant selon les évènements de la vie, reviendrait globalement toujours au même stade. Nous serions donc, tout au long de notre vie, plus-ou-moins heureux de la même façon.

Pour que cette notion de seuil de bonheur vous soit plus claire, je peux vous donner comme exemple la température du corps humain. Elle peut fluctuer selon les moments de la journée ou l’état de santé, mais la valeur de référence reste la même.

Cette notion connaît heureusement une atténuation car nous serions capables d’élever ce seuil de bonheur selon les attitudes que nous adoptons au quotidien.

Selon moi, le bonheur est en fait un état naturel qui se reconnaît, et dont l’appropriation plénière dépend de notre perception des choses, de nos pensées et de notre capacité à nous situer uniquement dans l’instant présent.

Sortir du jugement

Les évènements que nous vivons ne nous appartiennent pas et ne définissent pas qui nous sommes, pourtant nous avons tendance à les enraciner dans la matière en émettant des jugements qui les amplifient.

Ces jugements sont par exemple le fait de considérer qu’une situation soit “bonne”, “mauvaise”, “catastrophique”, “difficile”. Poser des mots, des cadres et des définitions. Le fait est que tout n’est qu’énergie, neutralité, et que les notions de bien et de mal ne sont que de pures visions subjectives.

La plupart des êtres oublient qu’ils possèdent une ressource mentale extrêmement puissante, celle de pouvoir rechercher les issues, au lieu de s’apesantir sur les difficultés.

Si nous étions habitués à nous interroger systématiquement sur la manière dont nous pouvons faire évoluer une situation, au lieu de la juger pour ce qu’elle est maintenant, nous pourrions nous reconnecter à toutes les possibilités qui s’offrent à nous à chaque instant, et plus personne ne dirait “je ne sais pas quoi faire”. Nous serions en fait dans un processus de création permanent.

Par exemple, admettons que vous perdiez un emploi dans lequel vous ne vous sentiez pas très bien depuis quelques temps. Vous avez le choix entre vous attarder sur cette perte et donc nourrir votre mal-être, ou au contraire reconnaître que vous n’étiez pas épanoui dans cette configuration passée, et rechercher quelles sont les ressources prioritaires à activer pour entrer dans une autre réalité quotidienne.

Est-ce de rechercher immédiatement un autre poste ? Ou de prendre un peu de temps pour vous afin de faire le point sur une possible réorientation ? Tout est transformable dès lors que l’on reste dans la conscience des moyens d’action que nous avons, ceci dépendant de notre capacité à diriger notre mental et notre énergie vers ce qui compte vraiment, là où les possibilités de rebond se situent.

Accepter ce qui est

J’ai l’habitude de dire qu’il est inutile de se mettre dans des états impossibles pour une situation que l’on ne peut pas changer.

Avez-vous déjà pensé à toute l’énergie que vous aviez perdue à ruminer, pleurer ou à vous plaindre de choses sur lesquelles vous n’aviez de toute manière aucune prise ? De tout le temps que vous avez investi dans des situations passées, au lieu de concentrer votre attention sur la construction de votre avenir ?

La difficulté n’est pas de lâcher prise. C’est de chosir de le faire.

Prendre du recul et reconnaître qu’à un moment T il ne nous est pas possible d’agir sur notre réalité, c’est adopter une parade qui nous protège émotionnellement de trop grands débordements d’humeur souvent inutiles.

Nous avons tendance à essayer de contrôler, même l’incontrôlable. Nous nous crispons sur des situations parce que nous refusons de les accepter pour ce qu’elles sont, parce qu’un aspect de nous est en résistance face au changement. Et c’est ce même aspect qui nous mènera à plus-ou-moins long terme à la nuit noire de l’âme, tout simplement parce qu’il nous est souvent difficile d’admettre que c’est l’abandon du passé qui permet de construire le futur, de lui laisser la place.

Nous avons pourtant le choix de célébrer le départ de l’ancien, et l’arrivée dans notre vie de ce qui n’y est pas encore. Célébrer ce que certains considèrent comme le “vide”, parce que c’est de cet espace de vacuité que peuvent naître les nouvelles possibilités. La nuit précède toujours le jour.

Cesser les projections

La plus grosse erreur commise lorsque nous parlons du bonheur est de le concevoir comme un état à atteindre et qui dépend donc d’évènements extérieurs à nous. Le bonheur est un acquis qu’il nous faut accepter de voir.

Souvent, nous ancrons de nous-mêmes dans nos pensées que nous ne sommes pas heureux, nous prenons cette décision de manière inconsciente par la répétition de phrases limitantes et la focalisation de nos pensées sur ce que nous considérons comme étant déplaisant.

Ainsi, nous ne profitons plus de ce que la vie nous donne de positif au quotidien car nous faisons dépendre notre perception du bonheur d’un élément purement hypothétique dont nous ne sommes mêmes pas sûrs qu’il nous rendra réellement heureux. Nous remettons notre vie à pus tard.

Nous nourrissons donc un schéma d’insatisfaction car bien souvent, lorsque nous finissons par obtenir ce qui d’après nous manquait à notre bonheur, nous trouvons un autre aspect, une autre chose qui nous manque et nous fait dire que nous ne sommes finalement pas heureux.

Le bonheur n’est pas une chose et ne se personnifie ni ne se matérialise. Le bonheur, c’est en fait de réussir à trouver l’équilibre en soi, avec toutes les parties de soi-même.

C’est s’écouter, se respecter, apprécier et s’émerveiller des choses les plus simples comme un lever de soleil ou un moment partagé entre amis. C’est réussir, malgré les difficultés quotidiennes, à cultiver en soi un espace de paix et de confiance, comme un refuge intérieur qui nous permet de rester droit dans notre quotidien, centré sur soi et en accord avec les autres.

C’est savoir dire merci, cultiver la gratitude pour rester connecté à l’instant T et y déceler l’extraordinaire. C’est redevenir un enfant pour quelques instants, et accepter de considérer la vie comme un jeu grandeur nature.

Etre heureux maintenant

Et si nous arrêtions d’imaginer que nous serons plus heureux lorsque nous aurons plus d’argent, que nous aurons rencontré le bon partenaire amoureux ou que nous aurons changé de travail, pour commencer à vivre maintenant ?

Le danger de la projection, est qu’elle est totalement illusoire. Qu’elle entretient une tendance à refuser de vivre maintenant.

Souhaiter que le bonheur se manifeste par un élément extérieur à soi, c’est mettre sa vie entre parenthèses, en attente.

Il est toujours intéressant de se demander ce que l’on peut faire maintenant pour vivre ce à quoi nous aspirons. Par exemple, si vous aimeriez rencontrer quelqu’un pour partager des moments à deux, voyager, commencez par être ce partenaire pour vous et provoquez des moments de plaisir. Pourquoi est-ce qu’une personne vous apporterait une joie que vous ne vous accordez pas ?

Plus on a une vision lucide des choses et de nos propres barrières intérieures, et plus on peut se permettre de manifester des choses totalement différentes au sein de nos vies. Et se dire que finalement, ce bonheur après lequel nous avons passé tant de temps à courir était juste là.