Accueillir l’âme de son enfant pendant la grossesse

Accueillir l’âme de son enfant pendant la grossesse

Le premier passage de notre vie est celui de la naissance, mais cette dernière commence avant même que nous ne poussions notre premier cri, au moment de l’enclenchement du processus d’incarnation, qui commence bien avant la conception.


Apprendre ma grossesse a été l’un des moments les plus incroyables de ma vie. Je suis passée par différents états, consciente de ce qui était en train de se jouer au creux de mon ventre.

Je n’ai jamais été certaine de vouloir être mère, jusqu’à ce que j’apprenne que j’étais enceinte. Avant ça, la maternité représentait à mes yeux une simple possibilité qui s’offrait à moi, mais certainement pas un besoin ou un objectif de vie. Et pourtant, à la seconde où j’ai su qu’il était logé en moi, j’ai aimé ce petit être inconditionnellement et j’ai prié pour avoir la chance de faire sa connaissance, que cette grossesse se passe bien.

J’ai prié aussi pour dire merci, parce que mon endométriose aurait pu m’empêcher de devenir mère. J’ai dit merci à la vie, mais je me suis aussi remerciée pour tout le travail intérieur que j’ai fait pendant 2 ans pour libérer ma matrice de cette maladie. Cela m’a coûté beaucoup de larmes, une confrontation avec le coeur de ma sensibilité, mais cette expérience m’a aussi et surtout totalement transformée. Je suis devenue plus douce, plus consciente et respectueuse de mes besoins. Je suis vraiment devenue femme en allant rencontrer et guérir ma féminité blessée.

Mais surtout, la grossesse m’a ramenée au coeur de l’essentiel, ce par quoi nous sommes tous passés : l’incarnation d’une âme, cette tranche de vie lors de laquelle divin et matière se rencontrent pour donner naissance à l’extraordinaire.

Le retour sur Terre d’un être accompli

Parce que je mentirais en disant que j’attends juste un bébé. Oui, il en aura l’apparence et je m’imagine le couvrir d’amour et l’enrober de tendresse chaque jour. Je m’imagine renifler son odeur parfaite au creux de son petit cou, et m’émerveiller chaque jour devant le moindre de ses progrès, comme je me suis émerveillée lorsque j’ai entendu pour la première fois les battements de son coeur, lui qui mesurait seulement quelques centimètres.

Mais pour moi, j’attends surtout une âme. Un être avec ses bagages, son passé, ses blessures et sa maturité. Un être qui aura autant à m’apprendre que moi et qui sera mon plus fidèle miroir, comme nos enfants le sont toujours.

Au-delà du rôle du mère qui m’attend, je me considère simplement comme un guide. Je sais que l’important est que je donne à cet enfant tout l’amour du monde, pour lui donner le courage de devenir lui-même, tout simplement. Je suis le parent adoptif d’un enfant de la Source.

Nous oublions malheureusement trop souvent la reconnaissance de leur statut spirituel lorsque nous parlons des enfants à naître. Nous ne voyons que leur fragilité et leur innocence, alors même que cette enveloppe d’apparence vierge renferme un maître à part entière.

Un choix des parents réfléchi

L’âme de mon bébé s’est manifestée à moi bien avant sa conception. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai dit à mon conjoint que je sentais une âme autour de moi, et qu’elle souhaitait s’incarner.

Cela n’avait rien à voir avec une âme errante, je ressentais qu’elle était là pour m’annoncer sa venue, se présenter à moi sur un aspect énergétique. Elle était douce, aimante, et en quelque sorte elle se familiarisait avec mon énergie et souhaitait que j’en fasse de même.

Je souris beaucoup en repensant à ces premiers contacts, où la part très terrestre de mon être faisait comme si de rien n’était alors que déjà, la part spirituelle en moi, ma propre âme, avait donné son accord.

Cet être nous a choisis, son père et moi, pour l’accompagner sur son chemin de vie parce qu’il savait qu’à un niveau ou à un autre nous sommes les personnes les plus à même de lui permettre de réaliser ce qu’il est venu faire sur Terre.

Et ce processus est une piqûre de rappel quant à ce que nous devrions préserver à tout prix dans notre quotidien : l’amour et la vie.

Je me suis sentie dépossédée de mon corps, incapable du moindre effort parce que toute mon énergie, toutes mes ressources étaient concentrées autour de cet enfant en formation. Préserver la vie à tout prix. Chaque femme enceinte est l’instrument de quelque chose de tellement grand.

C’est un retour à l’essentiel merveilleux. Un moment où nous pouvons et je dirais même devrions, prendre le temps de revenir à soi.

Créer du lien avec son bébé

Chaque jour je me connecte à cette âme et lui dis que je l’aime, parce que je suis consciente de tous les efforts que lui demandent ce processus d’incarnation.

Je lui répète la promesse que je lui ai faite lorsque j’ai appris que j’étais enceinte, celle de ne jamais oublier qui elle est et de lui permettre de réaliser son propre chemin. De lui transmettre les valeurs qui me semblent être les plus importantes, et de la laisser libre de choisir celles qui deviendront siennes. De lui dire que je n’attends rien d’elle, et que quels que soient ses choix je la suivrai, car sa vie ne m’appartient pas et que je sais qu’il faudra même que je la laisse trébucher lorsque cela sera nécessaire à son évolution car ce n’est pas pour moi qu’elle vient, mais pour réaliser sa propre mission.

Je serais touchée que vous pensiez à cet article la prochaine fois que vous croiserez le regard d’un enfant. Que vous vous permettiez d’aller contacter “la partie qui sait” en vous, pour conscientiser le fait que ce petit être est bien plus que ce qu’il laisse paraître. Vous avez face à vous un être divin à part entière, le même que celui que vous abritez.

Si vous attendez un enfant, ou avez autour de vous une femme enceinte, célébrez cette vie qui arrive !

Avoir une simple pensée pour l’âme derrière l’enfant à venir, c’est adoucir son processus d’incarnation en lui apportant la reconnaissance de qui elle est vraiment.

J’ai cette chance infinie de vivre ma grossesse à Bali, où la femme enceinte est respectée au plus haut point parce que la dimension de l’âme est prise en compte. Au quotidien on me témoigne beaucoup d’amour, on me souhaite tous les meilleurs voeux possibles et c’est presque comme si chacun partageait ma joie, celle de voir un “ancêtre” revenir sur Terre.

Je nous souhaite que dans nos sociétés occidentales, nous nous permettions de réintégrer le sacré attaché à ces grands moments de vie.